mardi 10 mai 2011

Brooklyn Flea Market #2









dimanche 8 mai 2011

Un dimanche à Brooklyn



Dimanche matin, nous avons eu envie de sortir de Manhattan. Nous nous sommes embarqués dans le métro, direction Brooklyn et plus précisément le quartier très branché de Williamsburg, où se tient chaque week-end un marché aux puces fort sympathique. "Une des meilleures expériences urbaines de New York" selon le New York Times, le Brooklyn flea market est effectivement un parfait biais d'immersion dans la vie des hipsters qui peuplent de manière quasi exclusive cet ancien terrain vague reconverti en parc avec vue sur la skyline de Manhattan.
On y croise beaucoup de barbus, un paquet de grosses lunettes, un régiment de poussettes, un festival de chemises à carreaux...


Mais surtout, on se régale de la marchandise proposée, à des prix bien plus raisonnables que ceux, prohibitifs, de nos puces parisiennes ; si le problème de la traversée de l'Atlantique ne se posait pas, nous aurions bien ramené une petite chaise d'enfant en bois (30$), un tableau très Hopper (60$), des photos anciennes (20$), et bien d'autres choses...


Une petite partie du marché est consacrée aux plaisirs des papilles ; après avoir souri des dégaines ultra-branchées des vendeurs de fromage ou de donuts, on s'offre une pizza blanche et un cannelé et on va pique-niquer au milieu des Brooklyners dans l'East River Park qui occupe les anciens docks.


vendredi 6 mai 2011

The Police



jeudi 5 mai 2011

Little Asia


A Paris, il est nécessaire de fournir d’épuisants efforts pour trouver un restaurant chinois servant autre chose que les mêmes rouleaux de printemps insipides que ses voisins, ou un restaurant japonais tenu par des Japonais et qui ne propose pas les très français yakitori au fromage…
C’est une tout autre histoire à New York, où de petits restaurants asiatiques sans prétention proposent à des prix très abordables une cuisine authentique et raffinée.

Par le plus heureux des hasards, cherchant un restaurant simple pour dîner à proximité de l’hôtel, nous sommes tombés sur Nada-Sushi, petit établissement tenu par une équipe de Japonais aux petits soins pour les clients. On peut dîner au comptoir et admirer le chef confectionner avec le sourire sushis et rolls, pendant que l’on se régale de savoureux noodles accompagnés de succulents gyoza.

A peine plus loin, et aiguillés cette fois par notre cher guide Michelin, nous avons adoré un autre Japonais, Seo. Un cran au dessus de Nada-Sushi, Seo propose des noodles à la texture parfaite, des tempuras d’une finesse remarquable, et quelques petites délicieuses originalités, telles que le Chawanmushi –une crème d’œufs soyeuse, ou le tofu légèrement grillé enrobé d’une exceptionnelle sauce miso. Sa réputation se propageant à vitesse grand V, il est indispensable de réserver si l’on arrive après 19h30.

On fait le déplacement à l’ouest pour Cho Dang Gol, qui porte le nom d’un village de Corée du Sud connu pour son délicieux tofu. C’est justement la spécialité de ce chaleureux restaurant de Midtown aux grosses tables de bois rustiques et à la décoration traditionnelle. Au milieu d’une clientèle exclusivement coréenne, on se régale avec les croustillants pancakes de pomme de terre agrémentés de tofu, de porc et de légumes.

Enfin, Radiance Tea House offre une oasis de sérénité dans la trépidante Midtown. Comme dans une maison de thé traditionnelle, on y respire les fragrances des infusions qui se répandent dans l’atmosphère, on passe un moment à flâner dans le coin librairie pour admirer l’étonnante sélection d’ouvrages consacrés à la cérémonie du thé, on choisit un cru, avec ou sans théine,  parmi les quelques 150 références proposées à la carte, et on accompagne son breuvage d’exception d’un assortiment de dim-sums aussi bons qu’à Hong Kong.

Nada Sushi : 135 East 50th St (entre Lexington et la 3ème avenue)
Seo : 249 East 49th St (entre les 2ème et 3ème avenues)
Cho Dang Gol : 55 West 35th St (entre les 5ème et 6ème avenues)
Radiance Tea House : 158 West 55th St (entre les 6ème et 7ème avenues)

mercredi 4 mai 2011

Le Grand Bouleversement


En 1911, lorsque Vassily Kandinsky et Franz Marc fondèrent le groupe Der Blaue Reiter (Le Cavalier Bleu), ils prédisaient un tournant décisif dans la production artistique. L’exposition « The Great Upheaval : Modern Art from the Guggenheim Collection, 1910-1918 » entend illustrer le propos des deux artistes et le démontre littéralement dès le premier tableau exposé, La Montagne Bleue, de Kandinsky, mettant en scène des cavaliers galopant vers la modernité.

Vassily Kandinsky, La Montagne Bleue, 1908-1909

L’avant-garde artistique de l’époque s’est intéressée et adaptée à l’évolution rapide des métropoles et de la structure urbaine dans les années d’avant-guerre. Le cubisme a affirmé son succès en France et initié de nouvelles perspectives en Italie et en Russie ; l’expressionnisme a fait son chemin en Allemagne et en Autriche. L’exposition, à travers une centaine d’œuvres issues des collections du musée à New York et à Venise, entend illustrer le dynamisme esthétique de cette période marquée par la progression des artistes vers l’abstraction à mesure que l’on s’approche du grand bouleversement causé par la grande guerre.

Marc Chagall, La Maison brûle, 1913

Les commissaires de l’exposition ont disposé de la totalité de la spirale ascendante du musée conçu par Frank Lloyd Wright en 1959, et l’ont occupée de manière chronologique. Cette approche lisible facilite le travail du spectateur qui se laisse aller paisiblement au gré de l’avancement des années ; elle entame cependant à plusieurs reprises la cohérence visuelle de l’exposition, lorsque des œuvres que l’on aimerait voir juxtaposées se retrouvent éloignées en raison des quelques années qui les séparent ; c’est le cas notamment de deux tableaux de Robert Delaunay ayant pour sujet la Tour Eiffel, peints tous deux en 1911, mais dont le premier a été faussement daté par l’artiste de 1910 de façon à renforcer son statut de précurseur.

Robert Delaunay, La Tour Eiffel, 1911

L’exposition ne cache pas sa double mission : présenter cette période artistique particulièrement innovante et fertile, mais également mettre en valeur les chefs-d’œuvre d’art moderne composant la collection du Guggenheim. C’est ainsi que Kandinsky, Marc ou Mondrian semblent rythmer l’exposition de leur présence presque continue, tandis que l’on a le sentiment de rencontrer presque accidentellement un nu de Modigliani dialoguant avec un portrait de femme de Matisse (la superbe Italienne) ou, plus loin, le chariot volant de La Maison brûle de Chagall et le surprenant Train de la Croix Rouge traversant un village de Gino Severini. L’exposition s’achève sur les années de guerre, par l’œuvre d’Ernst Ludwig, Les Artilleurs, pessimiste prophétie sur l’avenir proche d’une Europe bouleversée.

Gino Severini, Train de la Croix Rouge traversant un village, 1915

The Great Upheaval, Modern Art from the Guggenheim Collection, 1910-1918, au Musée Guggenheim de New York jusqu'au 1er juin.

lundi 2 mai 2011

Sunday Morning





Dimanche matin, à Central Park

vendredi 29 avril 2011

Vienne à New York


Gustav Klimt, Two Girls with an Oleander, ca.1890-92

New York a cette chance immense d’abriter un petit musée amoureux des arts plastiques et décoratifs de l’Allemagne et de la Sécession Viennoise.
La Neue Galerie, installée dans une magnifique demeure de la Cinquième Avenue construite pour Cornelius Vanderbilt par Carrière et Hastings, présente jusqu’au 27 juin 2011 la très belle exposition « Vienna 1900 : Style and Identity ».

Ambitieux, les commissaires de l’exposition entendent présenter la culture viennoise du tournant du siècle dans son ensemble, à travers un kaléidoscope de peintures, sculptures, dessins, mobilier, vêtements, bijoux, affiches…  Ces différents supports d’expression artistique se côtoient et se donnent la réplique dans différentes salles thématiques dont chacune constitue à elle seule une véritable petite exposition autonome.
On en retiendra deux, pour la force de leur sujet et la beauté des œuvres qui l'illustrent. 
La première, qui ouvre l’exposition, est consacrée à l’influence de la médecine et de la psychanalyse sur les peintres viennois du début du XXème siècle. Sous le regard sceptique de M. Freud lui-même, peint par Max Oppenheimer an 1909 et emprunté pour l’occasion au New York Psychoanalytic Society and Institute, un divan invite le visiteur à s’accorder une minute de repos ou de contemplation. Allongé dans ce somptueux salon, on admire à loisir les personnages d’Egon Schiele dont la peau n’est plus qu’un voile laissant apparaître les plus profondes vérités du corps, ou les autoportraits de Richard Gerstl qui semblent révéler l’essence de son âme.

 Egon Schiele, Portrait of the painter Karl Zakovsek, 1910

La deuxième galerie, consacrée aux femmes, propose une réflexion sur l’évolution de leur place au sein de la société de l’époque, et sur l’ambivalence des sentiments que suscite chez les peintres sécessionnistes -uniquement des hommes- cette ébauche d’égalité et de modernité. On y rencontre Serena Lederer portant une robe délestée de tout corset, peinte par Klimt en 1889 ; ou encore, du même artiste, la célèbre Adèle Bloch-Bauer qui semble faire face effrontément à une jeune beauté viennoise du peintre Hans Makart, symbole de la Vienne pré-moderne contre laquelle Klimt, Schiele ou encore Kokoschka avaient initié une révolution culturelle.

Gustav Klimt, Portrait of Serena Lederer, 1899

Après une telle concentration de chefs-d’œuvre, on en vient à regretter que Vanderbilt ne se soit pas fait construire une plus vaste demeure, pour que cette délicieuse exposition se prolonge encore de quelques salles. Mais qu’importe, on se consolera en sirotant un onctueux chocolat chaud au milieu des réconfortants lambris du mythique Café Sabarsky qui occupe le rez-de-chaussée de la Neue Galerie.